Le pangolin est-il à l’origine de la pandémie de Coronavirus ? Difficile en l’état des connaissances de l’affirmer. L’animal est assez peu connu. Qui est donc ce fourmilier à écailles ? Pour le savoir, notre envoyé spatial, Jean-Pierre Groland, a interrogé – à distance convenable – le professeur Tryphon Lyssenko, interné à Moulingrad.
– Professeur, qu’est-ce qu’un pangolin ?
– c’est un hybride. Tout comme un crossover est le croisement d’une voiture des villes et d’une voiture des champs.
– mais un hybride de quoi ?
– d’un paon et d’un golin !
– un golin ??
– vous n’en avez pas entendu parler. Normal. Le golin est un dinosaure disparu il y a 65 millions d’années. Dinosaures qui sont les ancêtres des oiseaux actuels. D’où l’aspect un peu dinosaurien du pangolin. Mais le golin quant à lui n’est autre que l’ancêtre de la caille.
– de la caille ?!
– tout à fait. Vous savez également que l’ontogenèse récapitule la phylogenèse…la vie repasse par ses stade antérieurs
– euh…si vous le dites
– le golin était un animal très bizarre. Un peu comme l’ornithorynque actuel, ce mammifère ovipare avec un bec de canard. Et bien le golin, comme certains batraciens, pondait ses oeufs par la peau !
– par la peau ?!
– Oui, par la peau. Peu à peu, les pangolins primitifs sont devenus terricoles. Ils creusaient des terriers. A force de fouir, de se frotter contre les parois, les oeufs – tout à fait ressemblant aux œufs de caille – se sont petit à petit écrasés, aplatis. D’où leur forme d’écaille actuelle.
– okééé. « Œuf de caille » égale « écaille ». C’est bien cela ?
– c’est tout à fait cela ! Vous remarquerez aussi les ocelles sur la roue du paon. Rondes comme les écailles du pangolin.
– je n’avais jamais fait le rapprochement
– ça saute pourtant aux yeux. L’ocelle est l’expression d’un chromosome du paon. Tandis que l’œuf de caille, sphérique, plutôt que cubique, exprime un chromosome hérité de la caille. Le génome du pangolin actuel porte donc un allèle héritant des deux caractères. D’où la forme de disque de l’écaille de pangolin.
– la génétique est une science complexe ! Mais dîtes moi, Professeur, l’écaille de pangolin est-elle vraiment aphrodisiaque ?
– les fossiles de golin qu’on a exhumés avaient des sexes énormes. Avec un os au milieu, pour la rigidité, comme les éléphants avec leurs grosses trompes. Cet os est de même matière que les écailles du pangolin. Pangolin qui a aussi une sorte de trompe.
– d’accooord !
– mais, souvenez-vous, le pangolin est protégé. Préférez le viagra !
– merci, je n’ai besoin de rien. Mais autre question, Professeur : certains, dans la communauté scientifique suggèrent l’idée d’utiliser l’acide pélargonique pour traiter le coronavirus [1].
– foutaises ! L’acide pélargonique est issu de la chimie minérale – du pétrole pour faire court. Pas très bio, tout çà. Nous sommes en Drôme Biovallée ©, je vous le rappelle !
– que faire alors ?
– comptons sur nos propres forces. Ce qu’il faut développer aujourd’hui, ce sont les circuits courts.
– les circuits courts ?
– réfléchissez. En dehors des châtaignes, que mangent les ardéchois ?
– des pélardons ?
– et oui des pélardons ! Les Ardéchois n’ont pas inventé l’eau chaude, mais ils ont le pélardon.
– bien inférieur au picodon, cependant !
– en temps de disette, ça passe. Or pour obtenir de l’huile pélardonique, un anti-viral fort efficace contre le coronavirus, on distille le pélardon. Et dans la Drôme, il y a des alambics et le savoir-faire qui va avec !
– c’est un scoop. Allez-vous déposer un brevet ?
– c’est en cours
– une dernière question, Professeur. Des voix discordantes prétendent qu’il faudrait plutôt rechercher le berceau du pangolin, du côté de Cogolin…
– les théories du complot, très peu pour moi ! Soyons sérieux, restons en aux faits, à la science. Je ne sais quelle piquette on boit à Cogolin, mais dans la Drôme, c’est la Clairette. La science a besoin de clarté.
– Professeur, je vous remercie de vos éclaircissements
– c’est moi qui vous remercie
[1] Cette information est effectivement parue dans les médias, avant d’en disparaître rapidement. L’acide pélargonique n’est autre que le principe actif d’un désherbant très contesté. On ne peut qu’inciter le lecteur à n’accorder sa confiance qu’à des publications de haute teneur scientifique, comme celle que nous nous honorons de délivrer.
